L'actualité de la recherche

Un possible mécanisme de toxicité dans la maladie d’Alzheimer révélé par la structure d’oligomères du peptide β-amyloïde

© Benjamin Bardiaux

Vie et santé

30/06/20

Dans le cadre d’une collaboration internationale, des scientifiques ont déterminé pour la première fois la structure atomique d’oligomères du peptide β-amyloïde, impliqué dans la maladie d’Alzheimer. Ces oligomères, formés dans un environnement mimant la membrane cellulaire, provoquent une disruption de son intégrité laissant ainsi passer eau et ions. La connaissance de cette structure pourrait ainsi révéler un nouveau mécanisme de toxicité des oligomères du peptide β-amyloïde, une accumulation de ces derniers étant observée dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer. Ce travail auquel des chercheurs de l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) ont participé est publié dans la revue Nature Communications.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui est caractérisée par des pertes de mémoire et des fonctions cognitives chez les patients âgés. La protéine précurseur de l’amyloïde (APP) est impliquée dans le développement de la maladie, notamment par l’accumulation extracellulaire d’un petit peptide qui est le résultat de deux clivages successifs de l’AAP par les β- et γ-sécrétases. Ce peptide β-amyloïde (Aβ) est retrouvé dans des agrégats, dénommés plaques amyloïdes, dans le cerveau de patients Alzheimer. Aujourd’hui, la caractérisation de la forme exacte d’Aβ responsable de la neurotoxicité est toujours débattue. Un mécanisme encore peu décrit impliquerait la formation d’oligomères d’Aβ au sein de la membrane neuronale qui compromettrait l’intégrité de celle-ci.