L'actualité de la recherche

Le foulard des accompagnatrices scolaires : une question plus civique que religieuse

Crédit photo : Philippe Merle/AFP

À la une, Sciences humaines et sociales

28/06/19

[The Conversation] L’interdiction de sorties scolaires aux mères d’élèves qui arborent un signe religieux vient, une fois de plus, de faire l’objet de débats. Un amendement a été voté dans ce sens par le Sénat le 15 mai, puis a été rejeté le 13 juin par la commission mixte paritaire de députés et sénateurs. Le point avec Anne-Sophie Lamine, membre de l'unité mixte de recherche Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe.

Face à cette polémique récurrente, une question se pose : doit-on attendre des citoyens qu’ils aient démontré leur pleine citoyenneté, selon les normes républicaines, avant de pouvoir contribuer au commun ? Ou, pour le dire autrement, peut-on envisager cette question sous l’angle de la participation sociale ?

« Pas de voile ou alors pas de goûter »

Prenons un cas qui apparaît comme particulièrement emblématique. À l’invitation d’une déléguée de parents d’élèves, fin novembre 2013, Nadia propose d’aider à la préparation du goûter de Noël d’une école élémentaire, à Méru, dans l’Oise.

Sachant que dans une autre école de la ville, une mère avait été écartée d’une sortie scolaire en raison de son foulard, elle prend les devants et va voir la directrice, « pour lui demander si [son] voile poserait problème », la réponse est « pas de voile ou alors pas de goûter ».

Une pétition de soutien circule, signée aussi par des mères non musulmanes. La directrice annule le grand goûter devant rassembler tous les enfants et des parents, en le remplaçant par un petit goûter dans chaque classe, donc sans parents. Soulignant qu’elle veut « s’investir dans la vie des établissements [que ses enfants] fréquentent », Nadia ajoute qu’elle a « vécu cette affaire dans la souffrance ».