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Royaume-Uni : cap sur le Brexit dur !

Crédit Oli Scarff/AFP

À la une, Sciences humaines et sociales

09/07/19

[The Conversation] La question peut paraître incongrue tant le Brexit est un sujet permanent de discussion politique depuis le référendum du 23 juin 2016. Pourtant, les atermoiements du Parlement britannique ont fini par écœurer les plus fins commentateurs, qui ne savent plus au fond si le Brexit va un jour avoir lieu.

Les élections des députés au Parlement européen ont poussé Nigel Farage hors de la retraite politique qu’il s’était octroyée, sans pourtant jamais renoncer à son mandat de député européen. Avec sa victoire dans les urnes, il revient, et avec lui le Brexit dur, au centre du jeu politique national.

Mais la démission de Theresa May, le 7 juin dernier, a ressuscité un autre personnage, Boris Johnson, qui redevient après trois ans un potentiel prime minister. Le Royaume-Uni reste décidément bien singulier : après avoir demandé le Brexit par référendum, demande confirmée par le gouvernement et le Parlement, les manifestants pro- et anti-Brexit ont envahi en mai 2019 les mêmes rues de Londres, comme si le Brexit était toujours incertain. Au point de rendre crédible pour quelques jours l’hypothèse d’un second référendum !

Les cartes sont à nouveau rebattues et, selon toute vraisemblance, le Brexit est devenu une priorité politique outre-Manche. Enfin, serait-on tenté de dire !

Le Brexit, un choix britannique

Demandé par référendum il y a trois ans, le Brexit entre en réalité depuis quelques semaines dans sa phase de lancement politique.

Les résultats du référendum avaient finalement surpris tout le monde, les Britanniques les premiers. Ils ont dû se mettre en ordre de bataille à marche forcée pour négocier le Brexit. Theresa May, tiède partisane du « Remain », a finalement mis une opiniâtreté peu commune à faire de la revendication politique du « Leave » une réalité juridique. Elle a négocié l’accord de Brexit avec l’Union européenne.

Elle a oublié sans doute de travailler à une majorité politique dans son parlement pour dépasser son propre parti divisé par le Brexit, finalement tout autant que le peuple britannique. Sa tactique a consisté à s’arc-bouter sur le référendum pour obtenir un accord de sortie de l’Union, en pensant que les parlementaires voteraient ensuite cet accord sous la contrainte du risque de désordre.

  • Retrouvez l'intégralité de cet article de Frédérique Berrod, professeure de droit public à Sciences Po Strasbourg, sur theconversation.com