L'actualité de la recherche

Claire Camberlein obtient le prix Marc de Montalembert

07/03/2019

En licence, Claire Camberlein se rêvait égyptologue mais une rencontre avec sa directrice de thèse, Daniela Lefèvre-Novaro, va changer sa trajectoire. Ce sera finalement l’archéologie grecque et plus précisément l’archéologie de la mémoire. Un domaine peu exploré en France. Soutenue en novembre 2017, sa thèse vient d’être récompensée par le prix Marc de Montalembert, que la jeune chercheuse recevra officiellement à Paris le 20 mars 2019.

Claire Camberlein a eu l’occasion d’aller
voir certains objets étudiés dans les
musées d'Athènes. Photo DR

« Le prix me ramène dans le monde de la recherche au moment où je me disais qu’il faudrait envisager autre chose », raconte Claire Camberlein qui après une soixantaine de dossiers déposés pour des contrats post-doctoraux ou des postes commençait à perdre espoir. « Je n’obtenais que des deuxièmes places ou des refus », poursuit la chercheuse spécialiste de la période comprise entre le 12e et le 7e siècle avant J.-C., dite « protohistorique » en raison du manque de sources écrites.

« Une recherche de notes de bas de page »

Cette période dont elle a fait son sujet de thèse est marquée par la chute d’un système palatial dans lequel les richesses étaient centralisées suivie d’une phase de transition qui va mener à l’élaboration de cités-Etat comme Athènes. « L’idée étant de voir quelle est la place de la mémoire dans cette transition et quel est le rôle du passé dans la construction de la société. » Durant ces cinq siècles de latence, point d’écriture en vue ce qui explique que la chercheuse s’appuie principalement sur la culture matérielle. Une partie rarement analysée.

Pour constituer son catalogue, Claire Camberlein se lance dans un travail « d’épluchage bibliographique » à la chasse à toutes les occurrences d’antiquités sur la période. « A l’époque, il y avait peu d’articles sur la question et surtout des mentions de bas de page. J’appelais ça une recherche de notes de bas de page », sourit l’ancienne doctorante qui recense ainsi 700 objets. Un petit nombre pour une recherche archéologique « qui montre aussi que la conservation d’objets anciens était une pratique restreinte à l’époque. »

De nouveaux projets en perspective

Vases, bijoux… Une partie des objets répertoriés est préciseuse, « ce sont des objets rares », souligne la chercheuse qui précise que la mémoire change de cadre au fil des siècles. « Au début, du 12e au 11e, il y a un aspect familial avec des objets que l’on retrouve dans des tombes, dans les maisons avec une idée de transmission de génération en génération. Du 8e au 7e siècle, il y a de plus en plus de dépôts dans des sanctuaires : des offrandes à des divinités dont la société entière peut profiter. Ce qui permet une construction identitaire plus large. » 

Certains de ces objets, Claire Camberlein a eu l’occasion d’aller les voir dans les musées et leurs réserves grâce à deux bourses obtenues pour étudier à Athènes. Le prix Montalembert, lui permettra de se rendre à Rhodes, Londres ou encore Berlin. « Je vois ce prix comme une bourse. Grâce à lui, je vais élargir la période d’étude de mon sujet de thèse de deux siècles pour arriver jusqu’au 5e siècle et ainsi compléter une partie que je n’ai pas eu le temps de trop aborder sur Rhodes et le Dodécanèse », conclut la chercheuse portée par une énergie nouvelle.

Marion Riegert

Le prix Marc de Montalembert en bref

Important information

Depuis 10 ans, en association avec l’Institut national d’histoire de l’art, le prix Marc de Montalembert soutient l’achèvement d’un travail de recherche d’un jeune chercheur d’un pays méditerranéen portant sur l’histoire des arts de la Méditerranée. Ce prix prend la forme d’une bourse d’un montant de 9 000 euros.