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Comment rendre les élèves accros à l’activité physique ?

18/06/2019

Chercheur en sciences du sport avec une orientation psychologie, Christophe Schnitzler vient de décrocher un Idex pour étudier les pratiques sportives des lycéens. A terme, ce spécialiste du sport/santé souhaite proposer des pistes d’amélioration des programmes scolaires et de l’offre universitaire pour créer chez les jeunes une véritable culture du sport et de l’activité physique.

Christophe Schnitzler a été
professeur d'EPS. Photo DR

Lui-même passé par la case enseignement de l’Education physique et sportive (EPS) dans le secondaire, Christophe Schnitzler étudie l’activité physique : comment rendre de jeunes ados actifs et faire perdurer leur activité sportive au-delà de la terminale lorsque le sport n’est plus obligatoire ? Pour ce faire, ce membre de l’équipe de recherche en sciences sociales du sport s’est notamment penché sur la nature des motivations des élèves au sein des cours d’EPS.

Plus de 1 000 lycéens ont ainsi été interrogés sur ce qu’ils préféraient dans cette matière. « Il en ressort que plus les motifs d’investissement déclarés sont nombreux (affiliation, compétition, esthétique, santé) , plus les élèves s’investissent de manière persistante dans l’activité physique. » Des travaux dont les résultats seront proposés lors d’un congrès à New-York et qui vont être poursuivis grâce à un financement Idex obtenu en juin 2019. « Cela devrait permettre d’initier des recherches sur un domaine méconnu en France : celui de la littératie physique : qu’est-ce qu’une personne lettrée physiquement ? Comment le fait d’être lettré à l’adolescence protège l’activité par la suite ? »

Interroger la hiérarchie des objectifs de l’éducation physique

Pour analyser les habitudes de vie physique des jeunes, une centaine d’élèves de terminale vont être questionnés et suivis pendant une semaine durant le temps scolaire à l’aide d’un actimètre, un dispositif permettant de quantifier la dépense énergétique. « Nous referons la même chose un an plus tard pour voir les bouleversements qui s’opèrent du passage du lycée à l’université ou au monde du travail. »

Le projet a une dimension internationale avec l’appui du réseau Eucor - le Campus européen pour réaliser la même étude en Suisse et ainsi voir si une influence culturelle entre en ligne de compte. L’idée étant à terme d’interroger la hiérarchie des objectifs de l’éducation physique et le moyen de fidéliser les jeunes à l’activité : « Est-ce qu’il faut rendre les élèves compétents quitte à leur proposer des activités qu’ils n’ont pas envie de faire ou faut-il baser les enseignements sur des pratiques qui correspondent à leurs motifs d’investissement, qu’ils ont envie de faire ? Notre approche empirique devrait permettre d’apporter des réponses aux effets de l’offre de formation d’EPS lors du passage à l’âge adulte, et peut être aller vers la préconisation de « bonnes pratiques » qui pour l’instant reposent davantage sur des théories. »

Marion Riegert

« Des bonnes pratiques au niveau européen »

Application information

Christophe Schnitzler a plusieurs projets à sa basket. Après avoir passé 5 ans à étudier le savoir-nager avec une équipe néo-zélandaise, en septembre, il rejoint le programme européen Eupeo portant sur la qualité de l’éducation physique en Europe. Objectif : mettre en place des méthodologies en vue de donner des outils d’auto-évaluation à destination des décideurs (chefs d’établissements…) plutôt dans le secondaire. « Je suis notamment en charge de la collecte des données pour la France. Nous avons proposé un premier questionnaire à 12 établissements qui sera affiné en fonction des réponses obtenues. » Après quoi, un second questionnaire sera distribué dans les mêmes établissements. « Ces données permettront de réaliser des études pour comparer la qualité éducative physique au niveau européen et ainsi dégager des bonnes pratiques. »