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Les livres illustrés du Japon ancien ne sont pas que des images

05/03/2020

Dans le prolongement de l’exposition « Mishima et le pavillon d’or » (mars 2018), le département d’études japonaises poursuit sa diffusion de la recherche à travers l’exposition « Pages illustrées du Japon ». Organisée du 2 au 27 mars, à la Médiathèque protestante de Strasbourg, elle marque la fin d’un projet de trois ans consacré aux livres du japon ancien dans les collections européennes.

Evelyne Lesigne-Audoly (à g.) porte
le projet au côté de Delphine Mulard.
Photo DR

Inventaire, catalogage, recherche, formation des étudiants à la lecture cursive… « Dans le cadre de ce projet financé par la Japan Society for the promotion of Science et initié par le chercheur japonais Nobuhiro Itô, nous avons accueilli quatre post-doctorants japonais », explique Evelyne Lesigne-Audoly, chercheuse au sein du groupement d’études orientales, slaves et néo-helléniques (GEO). Spécialiste de la littérature classique japonaise, elle porte le projet au côté de Delphine Mulard, enseignante-chercheuse au département d'études japonaises, spécialiste d'histoire de l'art du Japon.

Dès l’entrée de la médiathèque protestante, des katagami, papiers découpés servant à l’impression sur étoffe provenant du cabinet des estampes de la ville de Strasbourg, s’affichent fièrement avant de laisser place aux ouvrages. Pour les deux chercheuses, cette exposition est un moyen efficace de faire de la vulgarisation auprès du grand public. « L’important est de présenter les ouvrages mais surtout d’en expliquer le contenu. Les livres illustrés japonais ne sont pas que des images. »

L’impression sur planche de bois

Un moyen aussi de découvrir l’histoire du Japon à l’époque d’Edo (XVIIe-XIXe siècles). Une époque de paix, de commerce, de développement de la société urbaine liée au développement du livre avec des ateliers de copistes et des artisans de haute technicité. « Une des caractéristiques importantes est que l’impression se fait sur planche de bois », souligne Evelyne Lesigne-Audoly qui précise qu’à la même époque l’Europe utilise les caractères mobiles considérés comme une avancée. « Au Japon, quand le marché s’est développé cette technique a été abandonnée pour un retour à la planche de bois. Et pour cause, l’écriture japonaise nécessite quelque 50 000 caractères ce qui change de nos 26 lettres… »

Les ouvrages exposés proviennent principalement de collections alsaciennes : la majeure partie est issue du fonds Edo-bunko du Centre européen d’études japonaises d’Alsace (CEEJA). Les autres proviennent des Éditions 2024. Un Idex a été accordé pour le financement de l’exposition. Elle sera suivie d’un second évènement en octobre à la médiathèque André-Malraux.

Marion Riegert

L’exposition en images