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Covid-19 : connecter recherche fondamentale et clinique

06/04/2020

[Série] Regards croisés de chercheurs sur le Covid-19 : virologie. Parmi les nombreux chercheurs mobilisés sur le coronavirus, Samira Fafi-Kremer s’intéresse à la réponse immunitaire mais aussi aux facteurs impliqués dans la maladie à travers une collaboration avec l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire.

Samira Fafi-Kremer est responsable
du laboratoire de virologie du CHU
de Strasbourg. Photo DR

Depuis le début de la crise du coronavirus, Samira Fafi-Kremer, responsable du laboratoire de virologie du CHU de Strasbourg, est sur le pont. « Mon laboratoire est en charge des analyses de Covid pour les malades de toute l’Alsace », glisse la virologue qui évoque une forte émulation au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) avec de nombreux projets de recherche en médecine translationnelle et un fort soutien du doyen de la Faculté de médecine, Jean Sibilia.

Avec toute la cohorte d’Alsace et quelque 750 prélèvements par jour, la virologue a de quoi faire. « L’avantage, c’est que notre laboratoire se situe à côté du bâtiment diagnostic, nous bénéficions ainsi d’une banque de prélèvements commune avec des échantillons sanguins, respiratoires… de tous les types de patients », précise la chercheuse qui dirige le groupe de Virologie médicale et translationnelle au sein de l’unité inserm 1109 Immuno rhumatologie moléculaire (IRM). Avec son équipe de six autres virologues, elle s’intéresse à la réponse immunitaire humorale contre le Covid-19. « Nous étudions la présence d’anticorps neutralisant protecteurs chez les malades. »

Déterminer les facteurs impliqués dans la maladie

Depuis le début de l’épidémie, Samira Fafi-Kremer pilote également un protocole Covid - HUS porté par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg, afin de déterminer les facteurs (virologiques, génétiques) impliqués dans la maladie. Pour connecter recherche fondamentale et clinique, plusieurs projets ont été montés en collaboration avec l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) et notamment les équipes de Daniel Metzger et de Jocelyn Laporte. Le tout, par l’entremise d'Alain Beretz, ancien président de l’Université de Strasbourg et directeur actuel de l’IGBMC.

« Nous avons déjà quelques hypothèses. Les différents projets vont pouvoir y répondre et tenter de déterminer pourquoi les malades développent différentes formes allant de celles asymptomatiques à très sévères. » Des molécules vont également être testées sur des cultures de virus. « Nous regardons si la multiplication du virus s’arrête en leur présence. »

Si tout se déroule comme prévu, les premiers résultats pourraient être connus assez rapidement. « Déployer un traitement avec une molécule déjà validée dans le cas d’autres traitements pourrait prendre un mois quand le système d’étude fonctionne, mais développer un nouveau traitement serait beaucoup plus long », souligne la virologue qui précise que dans le cas du Covid-19 « tout est à découvrir. »

Marion Riegert

Regards croisés de chercheurs sur le Covid-19

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Psychologie, éthique, économie, histoire, virologie… nous sommes partis à la rencontre de chercheurs de différents domaines de l’Université de Strasbourg pour apporter un éclairage sur la crise du coronavirus.