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Un groupe de travail européen pour lutter contre la COVID-19

01/07/2020

[Série] Regards croisés de chercheurs sur la Covid-19 : chimie. Dans le cadre du consortium européen Graphene Flagship, deux chimistes strasbourgeois pilotent un groupe de travail destiné à lutter contre la Covid-19 et les pandémies à venir. Le tout, à travers le développement de technologies à base de graphène et des matériaux associés.

Alberto Bianco et Paolo Samorì
coordonnent un groupe de travail sur
la Covid-19. Photos DR

Pour combattre la Covid-19, les chercheurs membres du projet européen Graphene Flagship (cf encadré) ont décidé d’allier leurs forces en créant un groupe de travail dédié au virus piloté par Alberto Bianco, directeur de recherche à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire (IBMC), et Paolo Samorì, directeur de l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires (Isis).

« Nous en sommes au tout début. Pour le moment, nous avons commencé à coordonner les différentes activités des partenaires du Flagship sur la Covid-19, afin d’exploiter la complémentarité de toutes les expertises et approches disponibles et voir comment nous pourrions fédérer de nouveaux projets », résume Alberto Bianco. « Une fois cet état des lieux réalisé, nous verrons s’il est possible d’avoir des financements dédiés », complète Paolo Samorì qui précise que le groupe de travail aura une approche à 360 degrés, couvrant un large éventail de solutions fondamentales et appliquées, notamment dans les domaines de la virologie et de la biodétection.

Des surfaces antivirales

De leur côté, depuis le début du confinement, les deux chercheurs ont déjà commencé à travailler sur des approches chimiques qui permettraient de lutter efficacement contre les virus. Leur idée ? Développer une nouvelle génération de surfaces antivirales.

Pour ce faire, plusieurs pistes sont envisagées. « Créer des surfaces sur lesquelles le virus ne peut pas se fixer ou proposer un matériau permettant de les traiter afin de désactiver le virus. Le graphène est intégré à cette recherche pour ses propriétés à la fois membranaires et électriques », détaille Paolo Samorì. « Nous sommes également en train d’évaluer la possibilité d’utiliser nos approches autour de la création de capteurs destinés à détecter rapidement la présence d’un virus dans le sang ou dans l’environnement », ajoute Alberto Bianco.

Marion Riegert

Graphene Flagship

Important information

Créé en 2013, le consortium européen Graphene Flagship regroupe 150 partenaires, chercheurs et industriels, de différentes disciplines répartis en sous-comités. Son but : exploiter le potentiel du graphène, un cristal conducteur bidimensionnel composé d’atomes de carbone.

Regards croisés de chercheurs sur la Covid-19

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Psychologie, éthique, économie, histoire, virologie… nous sommes partis à la rencontre de chercheurs de différents domaines de l’Université de Strasbourg pour apporter un éclairage sur la crise du coronavirus.