Une analyse innovante pour mieux comprendre le comportement de dessin chez les hominidés

16/02/21

Vie et santé 

Pour déchiffrer et comprendre un dessin sans avoir à en questionner l’auteur, Lison Martinet, Cédric Sueur et Jérôme Hosselet, Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (Université de Strasbourg/CNRS), Marie Pelé (Université catholique de Lille), Tetsuro Matsuzawa et Satoshi Hirata (Université de Kyoto) s’intéressent à l’élaboration d’un nouvel indice traduisant l’efficacité du tracé chez les humains, mais aussi les chimpanzés. Leurs travaux font l’objet d’un article dans la revue Scientific reports, le 16 février 2021.

Dans l’article publié dans Scientific Reports, les chercheurs développent un indice spatial fractal donnant accès à l’efficacité du tracé aidant ainsi à déchiffrer et à comprendre un dessin sans avoir à en questionner l’auteur. Pour ce faire, les scientifiques ont collecté des dessins réalisés au doigt sur écran tactile par des enfants, des adultes humains et des chimpanzés. Ils ont ensuite traité le tracé du dessin de la même manière que pour la trajectoire d’un animal se déplaçant dans son environnement. En effet, un animal doit se déplacer de manière efficace sur son territoire entre différents points d’intérêt et non de manière aléatoire. Cette efficacité a été mise en équation et les auteurs de cette recherche ont appliqué cette équation pour comprendre l’intention dans le dessin.

Des marques moins orientées pour les chimpanzés

L’indice mathématique spatial fractal qui découle de ces analyses se révèle plus faible lorsque le tracé tend vers l’aléatoire, et plus élevé lorsque celui-ci est orienté. Son application permet de mettre en évidence une différence entre les marques produites par les chimpanzés et celles réalisées par l’ensemble des humains y compris les plus jeunes de l’étude, des enfants de trois ans. Les chimpanzés réalisent des marques moins orientées, mais pas aléatoires pour autant. Plus encore, des différences entre les classes d’âge ont été constatées. Ainsi, en grandissant, les enfants semblent gagner en efficacité de représentation, leurs réalisations allant droit au but, sans ajouts d’éléments superflus. En revanche, les adultes présentent un indice plus faible et donc une efficacité diminuée de par l’addition de détails nombreux et non utiles à la compréhension du dessin. Les auteurs concluent à l’intérêt de poursuivre cette découverte de nouveaux indices mathématiques. Trouver de nouvelles mesures permettrait de mieux comprendre les aspects cognitifs et états mentaux des grands singes et des enfants lorsqu’ils dessinent et ainsi cerner le comportement de dessin dans sa dimension évolutive et ontogénique.

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