Covid-19 et alimentation : Une solution pour l’avenir ?

22/02/2021

[Série] Regards croisés de chercheurs sur la Covid-19 : nutrition. Parmi les populations les plus touchées par des formes graves de la Covid-19 figurent les personnes âgées, les personnes obèses, diabétiques et hypertendues. Outre le confinement et la recherche de médicaments, Joffrey Zoll, chercheur au sein de l’unité de recherche Mitochondrie, stress oxydant et protection musculaire, évoque une troisième voie : celle de la nutrition pour renforcer notre organisme.

« Il n’y a pas un aliment unique ou de remède naturel ayant fait ses preuves face à la Covid-19 mais l’état nutritionnel peut avoir un impact significatif sur la santé globale d’un individu, la réduction des maladies chroniques et une diminution de la susceptibilité au développement d’infections », souligne en préambule Joffrey Zoll qui étudie les effets de certains régimes alimentaires sur des modèles animaux. En combinant son expertise et la littérature parue dans le domaine de la nutrition sur la Covid-19, il évoque deux pistes de prévention : la baisse de la consommation de sucre et la prise de vitamine D.

Le sucre : l’ennemi public numéro 1

L’obésité est une épidémie qui touche plus de 650 millions de personnes dans le monde et fait 3 millions de morts chaque année. « Dans les services de réanimation de Covid-19, généralement plus de 35% des patients sont obèses, une maladie souvent accompagnée de diabète et d’hypertension », souligne Joffrey Zoll.

En cause notamment, une sécrétion élevée d’insuline et une inflammation chronique de l’organisme. « Une étude a notamment montré que les diabétiques prenant de l’insuline étaient plus à risque de développer une forme grave de la Covid-19 que ceux n’en prenant pas », poursuit le chercheur qui précise que l’insuline est une hormone que nous sécrétons en trop grande quantité par rapport à nos ancêtres dont nous sommes restés proches génétiquement.

« La Covid-19 est un avertissement de mère nature. Depuis le 20e siècle, nous avons considérablement changé nos modes de vie en mangeant notamment plus sucré ce qui fragilise notre organisme face au risque d’infection, d’autant plus que nous vivons très proches les uns des autres dans des villes toujours plus grandes. »

Plus de vitamine D, une molécule aux multiples effets bénéfiques

Fabriquée grâce au soleil et présente dans certains aliments comme les œufs, le poisson, le beurre… la vitamine D est notamment un antiinflammatoire naturel qui participe au bon fonctionnement de notre système immunitaire. « 429 publications lui attribuent un effet positif face à la Covid-19. Certaines études ont montré que des groupes ethniques à la peau foncée par exemple fabriquaient moins de vitamines D à nos latitudes et étaient donc plus touchés par le virus. »

En Europe, 40 % des personnes sont carencées en vitamine D. Une carence présente essentiellement l’hiver, ce qui fragilise l’organisme et explique que l’on tombe malade plus facilement à cette saison. « Nos ancêtres n’avaient pas ce problème. Ils stockaient la vitamine D dans leurs tissus adipeux en été et les libéraient en hiver lorsqu’ils mangeaient moins. »

Autres cibles potentielles : la vitamine C, le sélénium ou le zinc. « Pour le moment ce ne sont que de petites études, il faudrait le faire sur des populations entières à grande échelle. Avec une meilleure nutrition, nous pourrions peut-être éviter les restrictions », conclut Joffrey Zoll.

Marion Riegert

Les 11 commandements « classiques »

1) Diminuer le sucre ajouté (max 25g/jour)

2) Améliorer ses habitudes alimentaires (notamment le petit déjeuner)

3) Prendre soin de sa flore intestinale

4) Consommer suffisamment de vitamines (D, C, E)

5) Se complémenter en  zinc

6) Faire régulièrement des cures de magnésium (Mg et COVID: 43 études)

7) Prendre du fer si carencé

8) Améliorer ses défenses anti-oxydantes (se complémenter en Sélénium)

9) Réduire son niveau de stress

10) Pratiquer une activité physique régulière

11) Bien dormir

Regards croisés de chercheurs sur la Covid-19

Psychologie, éthique, économie, histoire, virologie… nous sommes partis à la rencontre de chercheurs de différents domaines de l’Université de Strasbourg pour apporter un éclairage sur la crise du coronavirus.

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