Des drones pour cartographier les fonds marins grâce au champ magnétique

03/03/2022

Le Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom) prévoit de renouveler ses bâtiments hydrographiques, des bateaux à vocation scientifique destinés à décrire les fonds marins. En vue de les doter de drones marins équipés de magnétomètres facilement déployables, la Marine a notamment fait appel à l’Institut terre et environnement de Strasbourg (Ites).

Pour développer la mesure magnétique en mer, le Shom souhaite s’équiper de drones destinés à cartographier les fonds marins.  « Le capteur mesure les changements de champ magnétique terrestre en trois directions, à la recherche d’anomalies correspondant à la présence d’objets métalliques, de structures géologiques…, posés sur le fond ou partiellement enfouis », précise Guy Marquis, professeur à l’Université de Strasbourg et chercheur à l’Ites*.

« D’ordinaire les marins tractent le magnétomètre à distance du navire sur un « poisson » pour éviter que la signature du porteur n’influence les données de l’appareil », explique Hugo Reiller, ingénieur de recherche à l’Ites. Un procédé qui peut nuire aux manœuvres. Lors d’une première étape du projet Magidro débuté en avril 2021 pour trois ans et demi, le magnétomètre a été installé sur un navire.

« Nous voulions voir si nous pouvions extraire la signature magnétique du navire des données captées par le magnétomètre », souligne Guy Marquis. « Les résultats sont encourageants et quasiment équivalents à ceux obtenus grâce au magnétomètre tracté », ajoute Hugo Reiller qui s’est rendu à Brest pour effectuer les tests.

Voir plus en profondeur qu’un sonar

L’ingénieur de recherche travaille maintenant à installer le magnétomètre sur des drones aériens, de surface et sous-marins. Plus proches de l’objet à caractériser et plus petits, ils seront également moins affectés par le bruit que le magnétomètre installé sur le navire.

« L’avantage c’est que ce sont des mesures passives qui permettent pour les drones sous-marins de plonger au plus près des sources et ainsi voir plus en profondeur qu’un sonar. » Le système, une fois le plan de navigation programmé, peut fonctionner une à deux semaines en autonomie.

Un appareil clé en main

Pour le moment, Hugo Reiller effectue des tests en Alsace sur des drones aériens. « Des magnétomètres sur drones étaient déjà utilisés dans le secteur minier par exemple. Le magnétomètre est tracté plusieurs mètres sous le drone. J’essaye pour ma part de le placer directement sur le drone. »

La prochaine campagne en mer aura lieu en septembre prochain, l’occasion pour le jeune homme de tester son système sur les drones du Shom. « L’idée à terme est de proposer un appareil clé en main pour permettre à la Marine de récolter des données en autonomie », conclut Guy Marquis.

Marion Riegert

* L’Ites est un laboratoire de l'École et observatoire des sciences de la terre (EOST), sous tutelle de l'Université de Strasbourg, du CNRS et de l'École nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg (Engees).

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