Faire de Fessenheim un modèle d’innovation pour les énergies du futur

30/03/2021

Comment transformer le territoire de Fessenheim en région d’innovation après la fermeture de la centrale nucléaire ? Pour proposer des options d’investissement concrètes d’ici fin 2021, une étude de faisabilité à laquelle participe l’Observatoire Hommes-Milieux Fessenheim a été lancée par Eucor - Le Campus européen et le « Cluster de recherche en durabilité dans le Rhin Supérieur » le 1er janvier.

Dans le Traité de coopération et d’intégration franco-allemand d’Aix-la-Chapelle, l’Allemagne et la France ont convenu de poursuivre ensemble le développement de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim après sa fermeture en juin 2020. Pour faire de Fessenheim un modèle d’innovation, un accord de financement de 800 000 euros destiné à réaliser une étude de faisabilité, a été signé début janvier entre l’État français, la région Grand Est, le ministère fédéral allemand de l’intérieur, de la construction et du territoire, et le ministère de la science, de la recherche et des arts du Bade-Wurtemberg.

Hydrogène, batteries, réseau électrique... le travail est réparti entre quatre groupes franco-allemands d’industriels et de scientifiques. Pilotés par quatre universités, ils développeront des projets pouvant être implantés sur le territoire de Fessenheim. Karlsruhe pour la recherche sur l’hydrogène, Freiburg sur les batteries vertes et le recyclage des batteries, Mulhouse pour les réseaux électriques intelligents, appelés « smart grids », destinés notamment à optimiser la distribution d’électricité.

Une observation participante

A Strasbourg, l’Observatoire Hommes-Milieux (OHM) Fessenheim, va quant à lui regarder en aval si ces technologies sont applicables juridiquement, économiquement et sociétalement. « Voir si c’est acceptable au niveau local, des citoyens franco-allemands mais aussi des élus. Les implications économiques, est-ce que c’est viable ? Et quelles conséquences sur l’environnement ? », explique Dominique Badariotti, directeur de l’OHM qui évoque une observation participante.

Pour chaque technologie, une dizaine d’experts ont été identifiés au sein de l’OHM. Des sous-groupes de travail, économie, environnement, droit, société, sont déjà constitués. « Nous attendons maintenant les projets pilotes des autres universités pour les analyser. » Au bout d’un an, un dossier sera rendu présentant différents projets et leur faisabilité aux financeurs de l’Etat allemand et de la région Grand Est qui décideront ce qui sera fait.

Marion Riegert

L’Observatoire Hommes-Milieux

Créé le 6 juillet 2018 en collaboration entre l’Université de Strasbourg et quatre instituts CNRS, l’Observatoire Hommes-Milieux Fessenheim est destiné à scruter les évolutions induites par la fermeture du site nucléaire de Fessenheim qui compte parmi les plus anciens de France. Une approche pluridisciplinaire permettant de bâtir la connaissance scientifique des conséquences d’un tel évènement.

Conçus et développés par le CNRS depuis 2007, les Observatoires Hommes-Milieux constituent un dispositif de recherche dédié à la compréhension des écosystèmes très anthropisés et artificialisés. Etats-Unis, Chili, France… Il y a aujourd’hui 13 OHM distillés à travers le monde. Ils sont regroupés au sein du Labex DRIIHM (Dispositif de recherche interdisciplinaire sur les interactions Hommes-Milieux), issu du Programme investissements d’avenir qui octroie chaque année environ 1 million d’euros pour financer notamment les différents appels à projets des OHM.

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