Les sciences humaines et sociales prennent en main la question du numérique

05/12/2018

Les sciences humaines et sociales se mettent doucement mais sûrement au numérique. Un outil indispensable au partage des savoirs et à l’optimisation des données. Le point avec Didier Breton, directeur de la Misha, qui met les humanités numériques au cœur de ses préoccupations.

La Maison interuniversitaire des sciences de l’homme – Alsace (Misha), localisée à Strasbourg héberge quatre unités mixtes de recherche. Elle est au service de plus de 30 équipes partenaires de l’Université de Strasbourg et de Haute-Alsace dans le domaine des sciences humaines et sociales (SHS). Arrivé en janvier 2018 à la direction de cette unité de service et de recherche, Didier Breton souhaite faciliter l’émergence des humanités numériques.

Constituer des corpus numériques de données de recherche, interroger différents corpus, croiser des données, gagner du temps… « Le numérique permet de valoriser, diffuser les données, rendre les corpus accessibles, de préférence en s’inscrivant dans une logique de sciences ouvertes. Avoir des données enrichies exploitables et mobilisables mais de la manière la plus propre et la plus efficace. »

Un pôle Data et humanités numériques

Problème, si les idées et les besoins sont bien présents, les chercheurs ne sont pas toujours formés. « Il faut des ressources humaines intermédiaires qui puissent comprendre les demandes et les besoins du chercheur et rendre possible techniquement et informatiquement ces demandes. Les questions que se pose un archéologue sur la modélisation 3D par exemple peuvent très bien intéresser un géographe. Il y a un dénominateur commun et une réponse technique à trouver », explique le démographe membre du laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe.

Pour ce faire, d’ici avril 2019, Didier Breton souhaite mettre en place un pôle Data et humanités numériques avec un guichet ouvert aux chercheurs. Il comprendra notamment la mise à disposition localement d’outils et de solutions développées par les deux Très grandes infrastructures de recherche (TGIR), orientés en sciences sociales ou en humanités, deux branches des SHS ayant chacune des besoins spécifiques.

Deux outils déclinés au niveau local

Economistes, sociologues, géographes, démographes, psychologues... La première, appelée Progedo, concerne les sciences sociales. « Cette TGIR s’adresse aux chercheurs qui travaillent sur des données administratives ou de grandes enquêtes. » Le dispositif national, décliné au niveau de la Misha via la Plateforme universitaire de données de Strasbourg (PUD-S), comprend une ingénieure d’études. « Un chercheur peut ainsi solliciter cette plateforme pour savoir s’il existe des données sur une question précise ou savoir comment valoriser statistiquement des données d’enquête connues ou disponibles. »

L’autre TGIR s’inscrit davantage dans le domaine des humanités. Humanum concerne les historiens, archéologues, littéraires et autres linguistes qui ont des besoins différents comme transformer et organiser des corpus en données numériques, les stocker puis les traiter. « Il y a un travail de constitution du corpus, d’archivage et d’enrichissement avec des métadonnées pour créer des bases de données », souligne Didier Breton qui souhaite mettre en place un relai local de cet outil avec le recrutement d’un informaticien, courant du premier semestre 2019. « L’enjeu est de produire des corpus numériques riches, exploitables et disponibles à la communauté, permettant de répondre à des questions de recherche », conclut le directeur de la Misha.

Marion Riegert

  • Contact PUD-S : PUD-S@misha.fr ou Floriane Varieras, ingénieure d’études, floriane.varieras@misha.fr

Une plateforme 3D

Pour faire se rencontrer les chercheurs autour de cette problématique et les amener à présenter les projets numériques qu’ils ont mis en place, deux journées ont été organisées début octobre. Parmi eux, une plateforme d’exposition et de publication de modèles 3D portée par Catherine Duvette et Frédéric Colin, de l’unité mixte de recherche Archimède, et développée par une équipe de la direction du numérique (CESAR). Nommée POUNT pour plateforme ouverte numérique transdisciplinaire, elle peut intéresser toute personne travaillant sur des modèles 3D que ce soit des chercheurs de l’Université de Strasbourg ou leurs collaborateurs. « La plateforme permettra d’exposer, de publier et partager une version numérique spatialisée de nos objets de recherche. Une partie des modèles, en cours d’étude, seront privés, d’autres pourront être visibles par tous », explique Catherine Duvette.

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