Matthieu Arnold élu correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

05/05/2021

Professeur d'histoire moderne et contemporaine à la Faculté de théologie protestante, Matthieu Arnold a été élu fin mars correspondant français de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Une belle reconnaissance pour le théologien, qui étudie notamment les Réformateurs.

Après un baccalauréat scientifique, Matthieu Arnold fait des études en théologie, tout d’abord pour devenir pasteur, à Strasbourg puis Mayence. « Mes études m’ont tellement plu que j’ai décidé de faire un doctorat avant de poursuivre mes recherches en vue de l’habilitation tout en exerçant mon activité de pasteur. » En 1997, il obtient un poste de professeur d’histoire du christianisme moderne et contemporain à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg où il dirige un groupe de recherche en histoire moderne.

Une anthologie française de textes de la réforme strasbourgeoise

Ses travaux portent sur deux périodes : tout d’abord les débuts de la Réforme protestante à travers l’étude des principaux Réformateurs. Avec Marc Lienhard, théologien, Matthieu Arnold a dirigé la publication d’œuvres de Martin Luther dans la « Bibliothèque de la Pléiade » (1999 et 2017), soit plus de 80 textes. « Depuis 1995, je travaille également à l’édition de la correspondance, en langue originale cette fois, d’un autre Réformateur du 16e siècle, le Strasbourgeois Martin Bucer. Un précurseur de l’œcuménisme dont l’écriture est très difficile à lire. »

Actuellement, il prépare une anthologie française de textes de la réforme strasbourgeoise, qui comportera notamment des écrits de Catherine Zell inédits en français ; certaines de ses sources dorment aux archives de la ville de Strasbourg. Autre période qui intéresse Matthieu Arnold : la première moitié du 20e siècle, avec l’étude de penseurs protestants tels que Dietrich Bonhoeffer, résistant sous le Troisième Reich, et Albert Schweitzer, dont il a étudié les « années alsaciennes » (1875-1913).  

Premier théologien nommé à l’Institut universitaire de France

En 2002, Matthieu Arnold est le premier théologien nommé à l’Institut universitaire de France, dont il a été membre junior durant 5 ans. « Cela m’a permis de me consacrer davantage à la recherche », souligne le théologien. Son élection comme membre correspondant français de l’Académie des inscriptions et belles-lettres est pour lui une reconnaissance tant de ses travaux que de son équipe de recherche à la Faculté de théologie protestante.

« Cela prouve qu’elle a toute sa place dans le monde académique ; cette élection constitue à la fois une joie personnelle et une reconnaissance plus large », confie le chercheur qui se réjouit déjà de pouvoir assister régulièrement aux séances de l’Académie et d’être ainsi en contact avec « des savants dans maints domaines passionnants. J’espère que cela pourra susciter de nouvelles collaborations. »

Marion Riegert

L’Académie des inscriptions et belles-lettres

Fondée par Colbert en 1663, l'Académie des inscriptions et belles-lettres est l’une des cinq académies de l’Institut de France. Son but ? Développer et valoriser la recherche au moyen notamment des prix qu’elle décerne et ce dans des domaines aussi variés que l’histoire, l’archéologie et l’histoire de l’art, la philologie et la linguistique, la littérature, l’histoire des idées ainsi que dans les disciplines connexes (épigraphie, numismatique, diplomatique, etc.). Sans oublier d'éditer des publications de haut niveau.

Elle dispose de deux catégories de membres élus à vie : les correspondants et les académiciens. « Ceux qui portent l’habit vert », glisse le chercheur. Tous les quatre-cinq ans, en fonction des postes vacants, le contingent des 50 correspondants français est renouvelé par l’élection de huit nouveaux membres. « On ne frappe jamais à la porte, ce sont un ou plusieurs Académiciens qui vous proposent. Les correspondants, quant à eux, ne participent pas aux élections ; ils sont en quelque sorte dans l’antichambre de l’Académie », explique Matthieu Arnold qui précise que l’Académie publie la plus ancienne revue scientifique encore vivante, le Journal des savants, fondé en 1665.

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