Une caméra grand champ pour le futur télescope spatial de la NASA

27/05/2021

Comme elle le fait tous les 10, 20 ans, l’Agence spatiale européenne (ESA) a lancé un appel pour inviter la communauté scientifique à réfléchir aux projets à développer à l’horizon 2030 - 2050. Une centaine d’idées ont émergé parmi lesquelles celle de Nicolas Martin, chercheur à l’Observatoire astronomique de Strasbourg. Avec ses collègues de l’Institut Max Planck, il propose de construire la caméra grand champ qui figurera sur le futur télescope spatial de la NASA.

Le télescope Habex pour « Habitable Exoplanet Observatory » est un projet débuté à la fin des années 2010 par la NASA. Objectif : trouver des marqueurs biologiques sur d’autres planètes. Disposant d’un miroir de 4 mètres, il sera équipé de plusieurs instruments et notamment une caméra grand champ.

D’une valeur de 300 millions d’euros, elle permettra d’avoir de bonnes résolutions dans différentes longueurs d’ondes et ainsi d’observer avec précision des galaxies dans l’univers proche. « C’est quelque chose qui manque au niveau européen, le télescope Euclid dont le lancement est prévu en 2022 en est équipé, mais il ne permettra pas d’observations flexibles et détaillées dans les longueurs d’ondes du visible. »

En suggérant de construire cette caméra, les chercheurs souhaitent mettre ce projet sous les radars européens et ainsi proposer une voie d’entrée dans la collaboration avec la NASA. « Un tiers du temps du télescope sera offert à la communauté. C’est un projet raisonnable qui peut aboutir rapidement car il repose sur des technologies connues », explique Nicolas Martin qui souligne que la collaboration entre la NASA et l’ESA est historique.

Plus d’observatoires dans l’espace

Un projet essentiel puisqu’après 2030, il n’y aura plus d’observatoires dans l’espace. « Hubble n’est plus réparé depuis la fin de la navette spatiale américain, un programme stoppé en 2011. Il va s’arrêter de fonctionner, mais on ne sait pas quand. » Son remplaçant, le télescope James Webb, qui a pris 10 ans de retard déjà, ira plus loin dans l’espace à 100 000 km de la Terre.

Avec son miroir de 6.5 mètres contre 2.4 pour Hubble, il permettra de voir plus loin les planètes plus petites. « Mais il n’est pas conçu pour être réparé et mis à jour et sa durée de vie est estimée à 5 ans minimum », souligne Nicolas Martin qui note que ces deux télescopes ne possèdent pas de caméra grand champ. « L’idée de cet appel c’est vraiment de l’infusion, si ça se fait c’est excellent sinon ce sera pour plus tard », conclut le chercheur, philosophe.

Marion Riegert

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