Vers un nouveau "pôle douleur" à Strasbourg

À l’initiative du Neuropôle, qui coordonne l’ensemble des équipes de recherche en neurosciences à Strasbourg, des chercheurs vont se regrouper pour mettre en commun leur expertise sur la douleur. En effet, près d’un tiers des effectifs du Neuropôle travaille dans ce domaine. Pierrick Poisbeau et Michel Barrot présentent ce projet, intitulé « Strasbourg Pain Initiative ». Le premier est professeur et le second, directeur de recherche. Tous deux travaillent à l’Institut de neurosciences cellulaires et intégratives (INCI).

C’est un fait peu visible, mais Strasbourg possède une vraie expertise dans le domaine de la douleur.

Au niveau national, la place strasbourgeoise est même l’une des plus importantes dans la recherche sur la douleur. Nous avons une dizaine d’équipes dans six laboratoires différents qui travaillent sur ce sujet. Cela représente plus d’une trentaine de chercheurs statutaires : en nombre, c’est la deuxième plus grande place en France pour des laboratoires labélisés Inserm ou CNRS. Strasbourg est aussi l’une des sources principales au niveau national pour la publication dans des revues de très haut niveau en ce qui concerne la recherche sur la douleur chez l’animal.

Quel est ce projet, intitulé, « Strasbourg Pain Initiative », que vous portez avec vos confrères et collègues de l’Unistra, du CNRS, de l’Inserm et des Hôpitaux universitaires de Strasbourg ?

Le but est de fédérer les différents acteurs déjà présents dans la structure du Neuropôle. Il n’y a pas d’ « institut de la douleur » à Strasbourg. Nous sommes donc répartis dans différents laboratoires qui nous apportent chacun des expertises différentes. Des expertises fortes en sciences fondamentales, comportement et physiologie (INCI, LNCA, U1119), en interaction avec des équipes médicales et la recherche chez l’homme (via notamment le Centre d’évaluation et de traitement de la douleur et le  Centre d’investigation clinique). Des forces en pharmacologie et en biologie moléculaire (IREBS, IGBMC) et bien sûr dans le domaine de la chimie (LIT). Toutes ces expertises se complètent : il s’agit d’amener les chercheurs et les praticiens à se parler, à interagir, à mettre en commun leur savoir pour mieux comprendre la douleur.

Quelle serait la particularité de cette structure qui ne serait donc pas un unique « Institut de la douleur » strasbourgeois : la pluridisciplinarité des approches ?

Oui. On a la chance de pouvoir maitriser toute la chaine de la recherche sur la douleur, de l’animal à l’homme. Nous savons modéliser les différents types de douleurs et comprendre assez finement le fonctionnement de leur traitement. Et on a aussi cette chance d’avoir à Strasbourg des chimistes capables de créer de nouvelles molécules à partir de cibles identifiées par les biologistes. Cet aller-retour entre biologistes, chimistes et médecins amène une vraie plus-value et constitue un atout indéniable de la recherche strasbourgeoise.

Propos recueillis par Baptiste Cogitore

 

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