L’AHP-PReST, nouveau laboratoire Grand Est

L’Institut de recherches interdisciplinaires sur les sciences et la technologie (Irist) de l’Université de Strasbourg et le Laboratoire d'histoire des sciences et de philosophie-Archives Henri-Poincaré (LHSP-AHP), une unité mixte de recherche de l'Université de Lorraine et du CNRS, ont fusionné le 1er janvier pour devenir les Archives Henri-Poincaré - Philosophie et recherches sur les sciences et les technologies (AHP-PReST). Dirigé par Philippe Nabonnand, le laboratoire s’inscrit dans la nouvelle région Grand Est.

La fusion s’est faite presque naturellement. « Les chercheurs des deux laboratoires collaboraient dans le cadre de différents projets depuis plusieurs années », explique Catherine Allamel-Raffin, directrice-adjointe du nouveau laboratoire. « Nous avions déjà des membres associés, une thèse en commun, c’est une assez longue histoire », confirme Pierre-Edouard Bour, ancien directeur adjoint du laboratoire nancéien et secrétaire général des AHP-PReST.

Plus de visibilité sur les projets de recherche, une confrontation des pratiques et surtout la complémentarité des approches (histoire conceptuelle et institutionnelle, philosophie, sociologie et anthropologie, recherche-action et humanités numériques…), les avantages de la fusion sont multiples. « Nous avons plus de forces pour constituer des équipes et des projets, créer des structures de gestion et d’animation de la recherche. Le fait d’être sur deux sites ouvre également pour chaque site des possibilités nouvelles, par exemple en termes d’accès aux appels à projet », souligne Pierre Edouard Bour. « Du point de vue politique, nous sommes un laboratoire Grand Est, nous avions envie de montrer que cela fonctionne », ajoute Catherine Allamel-Raffin.

Trois axes de recherche

Le nouveau laboratoire ainsi constitué sur deux sites compte une cinquantaine de membres (10 enseignants-chercheurs (EC) et 1,5 BIATSS de l’Irist, 25 EC et 1 BIATSS du LHSP-Archives Henri-Poincaré, 5 chercheurs et 6 Ingénieurs et techniciens du CNRS) auxquels il faut ajouter une trentaine de doctorants. « Pour une question de facilité d’intégration, nous avons toujours refusé de structurer le laboratoire en équipes. Nous avons introduit dans le projet commun pour le nouveau quinquennal des problématiques relatives à la santé ou portant sur des questions de sciences et société, ainsi que le projet de recherche Misha sur l’expérimentation (lire encadré)», détaille Pierre-Edouard Bour.

Trois nouveaux axes principaux de recherche se dégagent : le premier se structure autour des archives et des humanités numériques, le deuxième concerne l’histoire et la philosophie des sciences et des techniques. Le dernier s’intéresse à la philosophie dans des registres divers (histoire de la philosophie, métaphysique, épistémologie, esthétique, philosophie de l’esprit et de la logique…) et intègre, notamment, un projet sur les normes avec la participation à un GDR « Normes, Sciences et Techniques ». « Les chercheurs de l’Irist et du LHSP-Archives Henri-Poincaré sont dans tous ces axes, nous avons voulu que ce soit une vraie fusion et pas deux équipes côte à côte », ajoute Catherine Allamel-Raffin.

Les AHP-PReST ont déjà organisé des journées scientifiques communes en juin 2017 et en janvier 2018. Prochaine étape : régler les questions administratives et financières, sans oublier l’élection du conseil de laboratoire prévue mi-mars et un cycle de grandes conférences tous les mois à Nancy ou à Strasbourg.

Marion Riegert

Un projet à la Misha sur l’expérimentation

Les deux laboratoires ont commencé à travailler sur un projet commun dès 2015 en déposant un dossier à la Misha afin d’étudier de manière comparative l’expérimentation dans les sciences humaines et sociales et dans les sciences de la nature : « Il y a eu dans les années 80 un tournant pratique en philosophie des sciences. Les chercheurs se sont intéressés à l’expérimentation dans les sciences de la nature principalement.  Nous nous sommes rendu compte que les sciences humaines et sociales avaient été négligées dans le cadre de ces analyses épistémologiques. Or, il existe aujourd’hui une économie expérimentale, une archéologie expérimentale… Nous avons tous été étonnés par la diversité et l’inventivité des sciences humaines et sociales en matière d’expérimentation », précise Catherine Allamel-Raffin. Commencée en 2016, l’étude s’achèvera fin 2018 et aboutira à un ouvrage et un numéro spécial de la revue Philosophia Scientiae.

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