Un échange au profit de la planète

08/11/2018

Unique lauréate alsacienne de l’appel à projets 2018 du programme Make Our Planet Great Again, Camila Stefanne Dias Costa est venue passer 4 mois en France au sein de l’équipe Reconnaissance et procédés de séparation moléculaire (RePSeM) de l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien. Objectif : travailler sur le piégeage de métaux toxiques dans des effluents industriels, en utilisant les déchets d’algue brune.

« Il me fallait des équipements particuliers pour valider les résultats obtenus dans mon laboratoire », explique en anglais Camila Stefanne Dias Costa, doctorante au Laboratoire d’ingénierie et des procédés environnementaux de l’Université de Campinas (Brésil) qui finit sa thèse en février sous la direction de Melissa Gurgel Adeodato Vieira. Son projet ? Développer un procédé de bio-sorption, comprenez de filtrage naturel, pour le piégeage simultané de plusieurs métaux toxiques présents dans des effluents industriels et empêcher leur transfert vers l’environnement.

Des algues brunes pour dépolluer l’eau

Pour ce faire, la jeune chercheuse travaille sur les algues brunes qui prolifèrent sur les plages brésiliennes et gênent le tourisme. Un sujet qui compte parmi les thématiques de recherche du laboratoire alsacien où elle est encadrée par Caroline Bertagnolli et Anne Boos. « Caroline a initié l’étude de valorisation de ce déchet dans le même laboratoire que Camila au Brésil, c’est comme cela que nous avons eu l’idée de faire appel au programme pour la faire venir en France », souligne Anne Boos.

« En France, ces algues brunes sont récoltées principalement en Bretagne pour en extraire l’alginate, un gélifiant alimentaire. Une fois extrait, il reste un résidu qui serait un déchet », précise Camila Stefanne Dias Costa qui utilise cette ressource peu chère pour tenter de dépolluer des quantités d’eau pouvant être importantes. Le tout, avec un faible impact environnemental et la possibilité de récupérer les métaux captés, polluants pour l’environnement mais précieux pour l’industrie.

Des moyens d’analyse plus performants

Au Brésil, la doctorante disposait uniquement d’échantillons synthétiques pour tester ses hypothèses, le RePSeM lui donne accès à des échantillons industriels réels et plus complexes, contaminés par des métaux lourds, mais aussi à des moyens d’analyse plus performants. « Dans le laboratoire en France, il y a plus de discussions avec les chercheurs et je peux analyser les métaux présents dans l’eau à des concentrations beaucoup plus faibles ce qui me permet de mieux comprendre le phénomène de piégeage des métaux et la performance du résidu », glisse Camila Stefanne Dias Costa.

Côté français, cet échange permet d’amorcer une collaboration de recherche avec le laboratoire brésilien, sans oublier des publications communes et pourquoi pas initier de nouveaux partenariats. En attendant, il reste un mois à Camila Stefanne Dias Costa pour poursuivre sa découverte des spécificités françaises dont elle apprécie la gastronomie. La jeune doctorante commence tout doucement à se familiariser avec la langue de Molière. « C’est la vie », conclut-elle, sourire aux lèvres.

Marion Riegert

Make Our Planet Great Again en chiffres

Documents à télécharger

  • 2017 suite à la décision des Etats-Unis de sortir de l'Accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron lance l’initiative Make Our Planet Great Again. C'est un appel aux chercheurs et aux enseignants, aux entrepreneurs, aux associations et aux ONG, aux étudiants et à toute la société civile à se mobiliser et à rejoindre la France pour mener la lutte contre le réchauffement climatique.

  • 2000 candidatures environ ont été examinées par un jury international réuni par Campus France.

  • 154 étudiants et chercheurs étrangers ont obtenu un financement dans le cadre des 4 programmes de l'initiative Make Our Planet Great Again. Ils viennent en France à partir de septembre 2018 pour y mener leurs recherches dans des domaines liés aux défis du changement climatique.

  • 31% des lauréats viennent suivre un cursus en master (de 12 à 24 mois). 44% sont en programme court (de 1 à 6 mois). 15% viennent effectuer un doctorat (36 mois). 10% sont accueillis en post-doc (24 mois).

  • 3.8 millions d’Euros (2018-2020), c’est le montant du financement par le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères et le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Les établissements d’accueil cofinancent en partie les séjours d’études et de recherche. 
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